La communication chimique
Celle-ci est régie dans la majeure partie des cas par des substances chimiques odorantes appelées PHEROMONES. Elles sont secrétées par une glande qui occupe une partie de sa capsule céphalique : la glande mandibulaire, elle secrète les phéromones dites d’« alarme » l’émission de ces phéromones avertissent la colonie de la présence d’un danger. Et aussi par une glande appelée la glande de Dufour c’est grâce à celle-ci que les pistes vers une source de nourriture sont formées. Seules les fourmis peuvent sentir ces phéromones, c’est par les antennes (support principal du sens) que les odeurs sont distinguées. Ce signal chimique est formé d’hydrocarbures cuticulaires, porte à la fois l’information sur l’espèce, la société, la caste et le stade de développement auxquelles appartiennent les individus rencontrés : c’est une véritable carte d’identité. Ce système de communication est très sophistiqué :
Lorsque une fourmi trace une piste chimique elle y ajoute une gestuelle particulière, une petite danse ou des attouchements antennaires lors d’une rencontre avec une autre fourmi.
De ce fait, il y a mise en place de gestuelle particulière (permise par le message chimique laissé par la première ouvrière ayant découvert la nourriture), lors de la rencontre, sur le chemin de la cible tracé chimiquement, d’une fourmi ayant consommé la nourriture et d’une fourmi à la recherche de la nourriture. Ce type de message va impliquer une régurgitation d’une partie de la nourriture de la première fourmi (voir trophallaxie). Ainsi par ses 2 messages, la rapidité d'exécution est accrue, de même la fourmi est renseignée sur la qualité de la nourriture, ce qui lui permettra d'être aussi renseignée sur la destinée de cette source de nourriture (si la nourriture est destinée aux larves, aux nymphes, ou aux autres stades de développement). Mais cette communication dite chimique est encore plus complexe qu’énoncée précédemment. Celle ci se déroule en réalité par combinaison progressive d’une série de messages chimiques, exactement comme une phrase formée de plusieurs mots.
Prenons pour exemple une proie de taille importante s’approchant de la fourmilière, lorsque une ouvrière rentrera en contact avec celle ci, elle libera un cocktail de 4 phéromones. Elles diffèrent par leur concentration dans l’air, ainsi que par leur vitesse de diffusion.
L’alerte va donc se répandre étape par étape, au fur et à mesure de l’arrivée de chaque substance :
-La première substance détectée est un aldéhyde, l’hexanal : L’attention des fourmis s’éveille et elles agitent leurs antennes dans l’air à la recherche d’autres odeurs.
-Puis leur parviennent l’hexanol (premier message sous forme alcool) : Les fourmis entrent en alerte et courent dans tout les sens à la recherche de l’emplacement du problème.
-Ensuite arrive l’undécanone : Cette substance attire les fourmis vers la source, et les portent à mordre tout objet étranger à la fourmilière.
-Puis enfin, plus près du but, elles perçoivent le butylocténal : Cette substance va augmenter leur pulsions agressives ainsi que celles de la mort.
(Voir fiche composition chimique ci-contre)
Par conséquent, dans ces situations, ces substances permettent un véritable ordre et équilibre social, dans le seul but de ne pas entraver la destiné et la réussite de la fourmilière. Néanmoins d’autres formes de communication chimique peuvent intervenir sans l’utilisation de phéromones, comme par l’intermédiaire des déchets fécaux, qui sont porteurs d’une odeur caractéristique de chaque colonie.